On parle de chirurgie prophylactique pour désigner tout geste chirurgical effectué en l’absence de cancer du sein. L’intervention a donc un but préventif. Elle est proposée lorsque l’on retrouve chez une patiente une anomalie génétique (BRCA1, BRCA2, PALB2, …) qui risque d’entraîner dans le futur un cancer du sein.
On peut dépister une mutation génétique dans le cadre d’une enquête oncogénétique réalisée dans la famille d’une patiente atteinte d’un cancer du sein. La chirurgie est alors proposée aux personnes porteuses de cette mutation et qui présentent un risque (pouvant aller jusqu’à 80 %).
C’est en effet aujourd’hui la seule méthode efficace pour éviter un cancer du sein. Le risque après mastectomie bilatérale devient très faible : il n’est pas nul, mais chute à moins de 5 % (contre 40 à 75 % en cas de mutation affirmée).
On envisage une chirurgie prophylactique mammaire en présence d’une anomalie génétique qui peut augmenter les risques de développer un cancer du sein. Cette option n’est pas obligatoire et c’est toujours à la patiente que revient la décision finale.
La chirurgie prophylactique est un acte lourd, puisqu’il s’agit d’enlever la glande mammaire des deux seins (mastectomie bilatérale prophylactique).
Pour limiter les difficultés psychologiques liées à un tel geste, on propose généralement une reconstruction mammaire immédiate avec pose de prothèses ou plus rarement par lambeau (c’est-à-dire à l’aide des propres tissus de la patiente).
Certaines mutations génétiques qui prédisposent au cancer du sein, peuvent également entraîner un risque de survenu élevé d’autres cancers, tels que le cancer de l’ovaire.
Le risque d’atteinte par cancer de l’ovaire est plus réduit.
Cependant, la gravité de cette pathologie peut amener à proposer l’ablation des ovaires et des trompes de Fallope (on parle de chirurgie préventive ou prophylactique annexielle).
Cet acte préventif diminue également les risques de cancer du sein et la décision peut être retenue avant même d’envisager la chirurgie prophylactique mammaire.
Il s’agit des femmes à risque très élevé de cancer du sein :
Les mutations les plus connues sont celles des gènes BRCA1 et BRCA2, mais aussi les femmes porteuses de mutations PALB2, TP53, CDH1, PTEN.
Si la mutation touche les gènes BRCA1 ou BRCA2, la mastectomie prophylactique peut être envisagée à partir de 30 ans, car il existe un risque de développer un cancer du sein très jeune. La décision peut néanmoins être modulée en fonction de l’âge de survenue des cancers dans la famille.
Ce n’est pas une décision facile. Il n’existe aucune urgence, et il est préférable de prendre son temps. Les avis de plusieurs spécialistes doivent être pris avant de pouvoir envisager une chirurgie prophylactique.
L’oncogénéticienne, votre chirurgien gynécologue et l’onco-psychologue contribuent à délivrer de précieuses informations aux patientes afin de prendre une décision en toute connaissance de cause, et dans le cadre d’un parcours de soin dédié.
Un bilan mammaire récent comprenant une mammographie, une échographie mammaire et une IRM mammaire est nécessaire avant l’opération.
Les examens ne doivent pas comporter d’anomalie particulière (ACR1 ou 2). Puis, le bilan préopératoire classique (analyse sanguine, consultation anesthésie…) est réalisé.
L’anesthésie est générale. La durée d’hospitalisation varie selon le type de reconstruction mammaire choisie (de 2 à 5 jours). La durée d’intervention dépend également de la méthode retenue pour reconstruire les seins.
La mastectomie consiste à retirer la glande mammaire dans sa totalité.
En vue d’une reconstruction mammaire immédiate le chirurgien a plusieurs options.
Il peut retirer tout le sein et la plaque aréolo-mamelonnaire (PAM), conserver la peau du sein ou conserver la peau du sein avec la PAM.
Le résultat esthétique de la reconstruction mammaire est plus naturel et satisfaisant lorsque la PAM est conservée. Cependant, la conservation de celle-ci n’est pas toujours possible. Les chirurgiens et équipes d’oncologie peuvent décider de retirer toute la PAM pour limiter au maximum les risques d’apparition du cancer du sein. Par ailleurs, il peut être nécessaire de la retirer dans des cas particuliers (par exemple, après une chirurgie de réduction mammaire antérieure).
En cas de reconstruction mammaire avec prothèses le chirurgien peut placer les implants mammaires soit derrière les muscles grands pectoraux ou en avant de ces muscles. Lorsque la situation le nécessite, il peut placer des prothèses provisoires (expandeur) à remplir de sérum physiologique à intervalle régulier. La pose de prothèses définitives est ensuite réalisée lors d’une seconde intervention chirurgicale.
Une reconstruction de la PAM est ensuite possible grâce à un geste réalisé sous anesthésie locale et éventuel tatouage.
Le lipomodelage ou autogreffe de cellules graisseuses peut-être intégré dans la prise en charge et permettre d’obtenir le résultat souhaité.
Les suites opératoires sont souvent simples. Il est normal que des douleurs apparaissent à la suite d’une telle opération. Elles sont en général très bien calmées par la prise d’antalgiques.
L’apparition d’ecchymoses et d’un œdème sur les seins reconstruits n’est pas rare. Ces signes s’estompent généralement rapidement. La cicatrisation sera surveillée régulièrement.
En cas de persistance, il faut bien entendu en discuter avec votre chirurgien.
Le port d’un soutien-gorge de contention est recommandé durant quelques semaines.
Les activités socioprofessionnelles peuvent reprendre progressivement après 4 à 5 semaines.
La surveillance médicale est nécessaire après une telle intervention. Des rendez-vous réguliers et une échographie annuelle sont proposés aux patientes pour s’assurer de l’absence d’anomalie.
Concernant le résultat esthétique, la chirurgie permet de réaliser la reconstruction immédiate du volume des seins ce qui évite la sensation de perte et de modification profonde de son corps.
Concernant les risques de développer un cancer du sein, le risque n’est pas totalement nul. Tout signe ou apparition d’une lésion suspecte sur un sein reconstruit, à distance de l’opération, mérite une consultation auprès d’un médecin.
Comme pour toute intervention chirurgicale, il existe des risques de complications liées à l’anesthésie ou au geste chirurgical en lui-même.
Parmi les risques les plus courants, on peut citer :
Les complications sont cependant très rares.
Vous souhaitez des informations concernant la chirurgie prophylactique mammaire ? N’hésitez pas à nous contacter pour vous accompagner dans votre prise de décision et la technique utilisée qui doit être adaptée au cas par cas en fonction de vos caractéristiques individuelles (« qualité » de votre peau, volume mammaire et forme du sein, antécédents familiaux, cicatrices éventuelles déjà présentes..).
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