Le prolapsus génital ou génito-urinaire appelé couramment "descente d'organes" se caractérise, chez la femme, par le glissement vers le bas, dans le vagin, d’un ou plusieurs organes pelviens (situés dans le bassin). Ceux-ci appuient et déforment la paroi vaginale, jusqu’à s’extérioriser au-delà de la vulve.
Les organes pelviens concernés par le prolapsus sont :
Le prolapsus génito-urinaire est essentiellement une maladie de la femme. Les femmes peuvent être concernées à tout âge, mais la fréquence des prolapsus augmente avec l’âge.
Le risque qu'une femme soit opérée d'un prolapsus ou "descente d'organes" au cours de sa vie est de 11 à 19 %.
Dans la plupart des cas, les prolapsus génito-urinaires sont favorisés par différents épisodes de la vie.
Les grossesses, surtout lorsqu'elles sont répétées (multiparité) favorisent la survenue d'un prolapsus génito-urinaire, et par conséquence, la répétition des accouchements par voie naturelle et les traumatismes obstétricaux lors des accouchements.
La majorité des lésions secondaires à un accouchement par voie vaginale se réparent progressivement, mais un prolapsus peut parfois réapparaître des années plus tard.
Un relâchement musculaire et ligamentaire secondaire au vieillissement, à la carence en estrogènes après la ménopause, à certaines carences nutritionnelles, ou à l’obésité favorise le prolapsus génital.
Elle peut être due :
D'autres facteurs favorisants non obstétricaux plus rarement
Le prolapsus est parfois découvert par hasard lors d’un examen clinique alors qu’il n’occasionne aucun symptôme.
Le symptôme le plus fréquent est la sensation de pesanteur pelvienne (sensation de boule ou de gêne dans le vagin), parfois associé à :
La présence d’une « boule » dans le vagin occasionne un inconfort qui varie selon le stade d’avancement. Généralement, c’est en position debout et en fin de journée que la gêne est la plus forte.
Un traitement est nécessaire en cas de gêne avérée, impactant votre qualité de vie ou en cas de troubles associés (urinaires, anorectaux, sexuels).
Quelles sont les conséquences ?
Ces symptômes du prolapsus peuvent avoir un impact sur votre qualité de vie. Ils peuvent :
Le diagnostic de prolapsus est établi lors d’un examen clinique gynécologique. Il est parfois nécessaire de répéter cet examen pour bien visualiser le prolapsus.
Le plus souvent, aucun examen complémentaire n’est nécessaire pour confirmer le diagnostic. Parfois, une IRM dynamique peut aider, notamment lors d’une récidive après chirurgie ou en cas de discordance entre l’examen et la gêne exprimée.
Votre médecin vous questionnera aussi sur les conséquences du prolapsus sur votre quotidien, afin d’évaluer son retentissement.
La prise en charge du prolapsus génital n’est pas une urgence. Il n’est généralement pas dangereux et ne présente pas de complications dans la grande majorité des cas. Seules les formes de prolapsus extériorisées (vous pouvez voir ou sentir l’organe en dehors de la vulve) en permanence peuvent exposer à un risque de complications locales (impossibilité d’uriner) ou au niveau des reins.
L’évolution naturelle du prolapsus est lente dans le temps dans la majorité des cas.
La chirurgie pourra vous être proposée si les traitements conservateurs (traitement d’une sécheresse vulvovaginale, pessaire..) ne sont pas suffisants ou s’ils ne sont pas adaptés à votre situation.
Le choix de la technique chirurgicale résulte d’une prise de décision partagée entre vous-même et votre chirurgien. Elle dépend de votre situation clinique (type de prolapsus, symptômes, état de santé) et de vos attentes.
Différentes techniques chirurgicales existent, les principales actuellement utilisées sont :
Actuellement, les prothèses synthétiques utilisées pour la chirurgie par voie vaginale ne sont plus autorisées.
Afin que vous puissiez participer à la décision de traitement, vous serez informée des différentes options pour vous traiter, des bénéfices attendus et des complications spécifiques, fréquentes ou graves observées avec chaque option thérapeutique.
Vous devrez aussi être informée des modalités de surveillance et de suivi après l’intervention.
En cas de pose d’une prothèse (par voie abdominale), à l’issue de l’intervention un document vous sera remis dans lequel devront figurer les caractéristiques (type, numéro de lot...) de cette prothèse et des modalités d’implantation opératoire (lieu, date, nom du chirurgien...).
Une consultation post-opératoire avec le chirurgien qui vous a opérée vous sera proposée systématiquement, même en l’absence de symptômes.
Une consultation de suivi à distance (environ 1 an), avec votre médecin vous sera proposée systématiquement afin de s’assurer de la bonne évolution du traitement.
Il faut noter qu’une récidive du prolapsus n’est pas exceptionnelle, mais elle ne s’accompagne pas toujours de la réapparition des symptômes et son risque est variable d’une patiente à une autre. Elle peut survenir plusieurs mois ou années après l’intervention.
Cette récidive peut nécessiter une adaptation de la prise en charge médicale ou une nouvelle intervention.
En l’absence de gêne, d’inconfort ou de douleurs, vous pourrez reprendre progressivement des activités physiques, professionnelles ou de loisirs à partir de la troisième semaine après l’intervention.
En ce qui concerne l’activité sexuelle, vous pourrez reprendre des rapports sexuels avec pénétration au-delà de quatre semaines après l’intervention.
Vous devrez consulter rapidement un médecin, en cas d’apparition de symptômes de type : fièvre, saignements, douleurs intenses, malaises, vomissements, difficultés pour uriner…
En cas de chirurgie avec prothèse synthétique, l’apparition de symptômes de type : douleurs chroniques, saignements anormaux (vaginaux, urinaires ou anaux), pertes vaginales anormales, nécessite que vous consultiez.
Il faut noter que ces symptômes peuvent survenir tardivement après l’intervention (parfois plusieurs mois ou années après).
Vous souhaitez obtenir plus de renseignements sur une des prestations proposées.